Mots-clés : VFB
A l'occasion de cette fin d'année, nous nous sommes permises une reflexion sur notre métier.
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Françoise JollyLa Vague des Femmes Batelières
13 rue du silo
62400 Essars France
Tel 0609603847
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Mort programmée
Bonjour,
Très bel exposé résumant bien la situation d'une Batellerie Artisanale qui se meurt lentement.Son historique remonte bien avant 1974 ne serait-ce qu'en mai 1968,pour embrayer une grève qui n'était pas la nôtre mais qui mettait bien en évidence le mal qui rongeait déjà lentement ce métier d'indépendant.Voilà bien le mot:INDEPENDANT synonyme de liberté ou d'INDIVIDUALISME.Je pencherai plus pour l'individualisme profond qui caractérise l'esprit même du travailleur libre.Cela suit bien avec le marché libre actuel qui fut prêché pendant de longues années,notamment par l'ONN et pour cause,le traité de Rôme l'avait bien programmé. Mal défendu,représenté par 6 Syndicats régionaux plus un National dont la mésentente avec les traditionnels aura valu bien des moments difficiles fait de grèves successives,inopportunes et génératrices d'amères désillusions. On a raté une marche en 1974 quand nous avions mis en évidence la chute du bureau de tour programmée d'où la nécessité de regrouper l'ensemble de la Batellerie Artisanale au sein d'une Organisation Commerciale Nationale ,permettant ainsi de traiter en direct avec les clients. Ce projet fut rejeté par les syndicats traditionnels,plus préoccupés par leur fauteuil de mandarin que de l'intérêt général. Vouloir rejeter l'idée de se regrouper pour conserver une illusoire liberté d'agir à sa guise conduit au résultat actuel:concurrence interne obligée..........et RIEN ne peut l'interdire.Cela aboutit inévitablement à la baisse des frets,but recherché et obtenu par le marché libre.C'est la dure loi du marché de libre concurrence qui ne tient pas compte du prix de revient de l'exploitation et de son amortissement. Je laisse de côté le nombre d'heures et les laissées pour compte: les épouses qui n'ont aucun droit à la retraite sauf depuis peu,encore faut-il pouvoir en payer le prix.
Certes,la mise en place et l'utilisation d'un nouveau service comme Batellerie.be permet d'aider quelques bateliers volontaires mais rien n'empêche les autres d'agir en douce. Tout cela ne profite qu'à ceux qui exploitent le système pour leur plus grand bonheur:les COURTIERS. Tout est négocié,entériné à l'abri des regards des principaux intéressés:les TRANSPORTEURS. Bravo, cela peut encore durer longtemps!
Notez bien que certains bateliers s'en accommodent très bien et en vivent honorablement. Mais là, c'est l'individualisme qui prévaut....pas l'intérêt général. C'est l'essence même du commerce et des choix de chacun. Mais le métier de marinier n'est pas un métier comme les autres. L'itinérance de la profession en fait certes un bel exemple de liberté et d'évasion mais paradoxalement le rend vulnérable de part cette itinérance,coupé du monde quoique,aujourd'ui,INTERNET offre le moyen de communiquer différemment,réel progrès et merveilleux outil qui devrait être présent dans chaque marquise.
On est revenu loin en arrière:1936 période difficile où nos pères et grands-pères se sont battus pour obtenir un bureau de tour et des frêts stables,juste rémunération du fruit de leur travail.
Certes, les temps ne sont plus les mêmes,le progrès (sic) aidant,on navigue différemment avec de plus gros bateaux,de plus gros moteurs,des équipements modernes,un confort digne d'un hôtel étoilé mais on travaille plus aussi......pour rembourser les emprunts conséquents de ce matériel imposant.Fini le temps des attentes prolongées qui autorisaient le choix de sa destination et de sa marchandise. Faut bien dire que cette façon de travailler n'était pas très responsable.Le nombre des actifs est devenu inquiétant et je suis bien persuadé que demain ne sera plus existant pour les mariniers indépendants hélas!
Le réalisme conduit-il au pessimisme?
Ce fut jadis une question posée aux bacheliers.
Sur ce JOYEUX NOËL à tous!
Jean-Claude
JeanClaude | Le Mardi 25/12/2007 à 09:48 |